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Turquie/PKK, FETO : La presse française préfère les terroristes

Le roman-feuilleton avec le président turc en guest star dans le rôle du méchant se poursuit dans les médias français. Un remake d’un mauvais James Bond est diffusé à l’envi

Turquie/PKK, FETO : La presse française préfère les terroristes

Le roman-feuilleton avec le président turc en guest star dans le rôle du méchant se poursuit dans les médias français. Un remake d’un mauvais James Bond est diffusé à l’envi. Des navets où l’on ressert l’éternelle soupe avec les mêmes ingrédients, celui du Musulman avec le couteau entre les dents. Le nouveau méchant est donc tout trouvé, surtout s’il compte se relever, en affichant les moyens de ses ambitions.

Ironie du sort, c’est à des terroristes que l’on attribue le rôle des gentils. A croire que les hebdomadaires de l’Hexagone semblent regretter que la Turquie puisse se défendre contre la menace terroriste.

Qu’importe si le PKK a causé, depuis sa création le 15 août 1984 à 2015, la mort de 6 741 civils, dont des femmes et des enfants, au cours de 83 mille 500 attaques. Plus de 14 mille civils ont été blessés durant cette même période. 6 741 morts. Soit l’équivalent sanglant de 51 Bataclans. Depuis sa fondation à nos jours, il a fait plus de 30 mille morts en Turquie. L’organisation a récolté 6 millions d’euros, en France, en 2017, selon Europol, l’agence européenne de police criminelle.

Le PKK est classé organisation terroriste à la fois par la Turquie, l’Union Européenne, les Etats-Unis, et la France. Mais à en croire certains médias français, il ne devrait pas être traité comme tel. Question d’intérêt. De mort au kilomètre. Comme si la valeur d’une vie était évaluée différemment, à la tête du client, et à l’aune des spéculations journalistiques.

Les médias français critiquent la condamnation des putschistes de l’organisation terroriste guléniste FETO. Faisant mine d’oublier la répression impitoyable menée par l’Etat français contre des groupes comparables, notamment la sinistre Organisation Armée Secrète.

Ainsi, quelque dix mille éléments de l’OAS ont-ils été arrêtés jusqu’en 1965. La peine de mort pour motif politique, abolie en France en 1848, a même été rétablie pour l’occasion, le 4 juin 1960, et près d’une dizaine de condamnations à la peine capitale ont été prononcées.

Et voici que les journaux français se font les avocats des putschistes, dont la tentative avortée en Turquie a fait 248 morts et 2196 blessés. Le coup d’Etat des félons turcs serait-il plus défendable que celui mené par les généraux favorables à l’Algérie française ? La caricature s’effiloche, tandis que les couacs se multiplient chez la « fille aînée de l’Eglise ».

Dans le cadre de l’état d'urgence instauré en France après les attentats du 13 novembre 2015, plus de 4 400 perquisitions administratives ont été ordonnées. Une dérive qui a suscité la préoccupation de Fionnuala Ni Aolain, rapporteuse spéciale des Nations unies, qui s’est déclarée «particulièrement inquiète de leur effet disproportionné et de la stigmatisation des citoyens de confession musulmane ».

Des perquisitions administratives qui prennent des allures de mesures prises délibérément pour stigmatiser toute une communauté. Histoire de jouer sur les peurs, pour faire passer les chiffres du chômage, et la pilule de la morosité.

A contrario, au troisième trimestre de 2017, la Turquie a enregistré une croissance économique de 11,1%, devançant les pays de l’Union européenne (UE), du G20 et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Un retour en force, donc, alors que les pays du Vieux Continent s’essoufflent pour réaliser un taux moyen de 2,5%.

La Turquie avance, et se permet de hausser le ton à l’international, contre l’occupation israélienne en Palestine, alors que les médias occidentaux détournent le regard. Les investisseurs turcs parviennent même peu à peu à évincer les hommes d’affaires français de ce qu’ils considèrent comme leur pré carré, héritage colonial oblige.

Et voici qu’Erdogan, président élu aux termes d’élections démocratiques, a les « faveurs » d’une presse idéologiquement orientée, prompte à chanter les louanges des tyranneaux pour peu qu’ils servent leurs intérêts.

Autant de raisons qui font des prochaines élections turques, prévues dimanche 24 juin, l’occasion rêvée, pour les médias français, de sonner le tocsin contre le retour annoncé des Ottomans. 



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