En Syrie, les habitants d'Idleb se félicitent du déploiement de l'armée turque

Les habitants de la région y voient un moyen de mettre fin aux bombardements du régime et d'empêcher l'installation du PKK/PYD

En Syrie, les habitants d'Idleb se félicitent du déploiement de l'armée turque

La population de la région d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, accueille avec espoir le déploiement de soldats turcs dans le cadre des accords d’Astana.

La région d’Idleb est concernée par un accord trouvé entre les trois payants garants en Syrie, la Turquie, la Russie et l’Iran.

Selon cet accord, une zone de désescalade doit être instaurée à Idleb afin de mettre fin aux combats et d’assurer le respect du cessez-le-feu.

Le correspondant d’Anadolu a rencontré les civils dans la localité de Daret Izze, dans l’ouest d’Alep.

Muhammed Abbas, directeur de l’hôpital Kinan, a estimé "l’Armée turque a surement pris toutes les mesures nécessaires pour que le déploiement des soldats turcs se fasse dans le silence et sans affrontement ".

"Notre région est dans une position différente. D’un côté nous sommes confrontés aux terroristes du PKK et de l’autre aux forces du régime. Nous sommes régulièrement la cible d’attaques du régime. Si l’Armée turque se déploie ici, les attaques cesseront", a-t-il estimé.

C’est également ce que pense Agit Rachid, 18 ans.

"La chose la plus importante pour nous c’est que les avions du régime ne soient plus au-dessus de nos têtes. Si les soldats turcs ne viennent pas, les attaques et les morts ne prendront pas fin. Les avions bombarderont toujours nos maisons", a-t-il déclaré.

Pour Jemil Dervish, 48 ans, avec l’arrivée de l’armée turque la vie va reprendre son cours normal dans la région.

"Les institutions vont reprendre le travail, les écoles, les hôpitaux vont pouvoir fonctionner normalement. Nous allons accueillir avec espoir l’armée turque. Sa présence à Idleb va modifier notre vie à 180 degrés. Nous allons retrouver notre vie normale en toute sécurité", a-t-il estimé.

Comme les autres civils interrogés, Abbud Houlou (21 ans) et Muhammed Mustapha (22 ans), l’arrivée des soldats turcs aura un impact positif sur leur quotidien et permettra de réduire considérablement les affrontements.

La population souhaite que les bombardements du régime prennent fin et s’oppose à l’arrivée de l’organisation terroriste PKK/PYD qui est à l’affut tout prêt.

"L’objectif du PKK est de s’installer sur le Mont Baraka, d’où il pourra s’étendre sur l’ensemble d’Idleb. Il faut empêcher cela", a expliqué Mustapha.

"Avec le déploiement de l’armée turque, ce n’est pas seulement Idleb qui sera concerné. Toutes les régions où se trouveront les soldats turcs retrouveront une vie normale. Nous serons heureux. Depuis sept ans nous sommes la cible de bombardements. Nous espérons que la sécurité sera assurée et la paix établie. Nous prions pour que l’Armée turque soit le sauveur d’Idleb", a encore déclaré Yahya Lule, fonctionnaire de 49 ans.

"Le PYD veut s'étendre jusqu’à la Méditerranée. Pour cela, il veut contrôler le Mont Baraka et Daret Izze. L’arrivée des soldats turcs va empêcher ce plan. Le PYD était devenu plus fort que nous grâce aux soutiens des Etats-Unis et d’Israël. Ils sont responsables de nombre de violations des droits de l’homme et de tortures", a-t-il poursuivi.

A la mi-septembre dernier, les Etats garants du processus d’Astana (la Russie, la Turquie et l’Iran) ont annoncé avoir conclu un accord visant à mettre en place une zone de désescalade à Idleb, conformément à un accord signé en mai dernier.

Dans ce cadre, l’Armée turque va se déployer dans la région d’Idleb, comprenant également une partie des régions d’Alep, Lattaquié et Hama.

AA



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