Bloqués à Gaza, 54 patients palestiniens morts en 2017

Les autorités israéliennes n’avaient approuvé que 54% des demandes de permis pour traitements médicaux en 2017, soit le taux le plus bas depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) eut commencé à recueillir des statistiques en 2008

Bloqués à Gaza, 54 patients palestiniens morts en 2017

Des organisations palestiniennes et internationales de défense des droits de l’homme ont dénoncé la baisse du nombre de permis délivrés par les autorités israéliennes aux Palestiniens cherchant des traitements médicaux à l’extérieur de Gaza. Elles ont de nouveau appelé à la levée immédiate du blocus imposé, depuis plus de 10 ans, à la Bande de Gaza.

Les autorités israéliennes n’avaient approuvé que 54% des demandes de permis pour traitements médicaux en 2017, soit le taux le plus bas depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) eut commencé à recueillir des statistiques en 2008.

Selon l’OMS, 54 Palestiniens dont 46 atteints d’un cancer ont perdu la vie en 2017 des suites du rejet ou du retard de délivrance de leurs permis de circulation ou de voyage pour traitement.

"Les retards records enregistrés en 2017 pour délivrer les approbations requises, en plus de la fermeture continue par l'Egypte du passage frontalier de Rafah à Gaza, ont restreint les déplacements et causé des souffrances supplémentaires", a appris Anadolu, mardi, d’un communiqué conjoint publié par, le Centre Al Mezan pour les droits de l’homme, Amnesty International, Human Rights Watch, Aide médicale pour les Palestiniens (MAP) et Médecins pour les droites de l’homme-Israël (PFHR-Israël).

Les organisations précitées ont ajouté "qu’Israël devrait lever les restrictions illégales imposées à la liberté de circulation des individus à Gaza, en particulier ceux atteints de maladies chroniques".

Les Palestiniens ont raté au moins 11 mille rendez-vous médicaux en 2017, après que les autorités israéliennes avaient rejeté leurs permis de circulation ou de voyage, ou qu’elles n’ont pas répondu aux demandes à temps, précise le communiqué.

Une étude élaborée par le Centre Al Mezan pour les droits de l’homme, avec l’appui d'Aide médicale pour les Palestiniens (MAP), montre que 20 Palestiniens, dont 14 atteint d’un cancer, ont perdu la vie à cause du rejet ou de retard de délivrance de leurs permis de voyage.

"Il est impensable qu’Israël empêche un si grand nombre de personnes souffrant de maladies graves de bénéficier de soins qui auraient pu leur sauver la vie", a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice du Bureau du Moyen-Orient de l’organisation Human Rights Watch.

Quant à la directrice exécutive de l’organisation Aide médicale pour les Palestiniens (MAP), Aimee Shalan, elle a déclaré : "Nous constatons qu’Israël rejette ou retarde progressivement, les permis de voyage pour traitement destinés aux patients atteints d’un cancer ; des patients qui peuvent être guéris. Ainsi, un nombre tragique de malades perdent la vie plus tard".

"Nous constatons d’autre part que la capacité du système de santé gazaoui à répondre aux besoins des habitants de la Bande de Gaza s’enlise progressivement, après un demi-siècle d’occupation et une décennie de blocus israélien", a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Issam Younes, directeur du Centre Al Mezan pour les droits de l’homme a indiqué que " les restrictions imposées par le gouvernement israélien sur la liberté de circulation sont directement liées aux décès des patients. La souffrance s’aggrave lorsque ces derniers demandent des permis pour traitement à l’étranger ".

" Ces pratiques font partie du système du blocus, qui empêche les patients de vivre dans la dignité et viole leur droit à la vie", a-t-il ajouté.

Younes a également réclamé "l’annulation du système de bouclage pour garantir aux patients un accès sûr aux soins de santé dans les hôpitaux palestiniens sis dans les territoires palestiniens occupés ou encore à l’étranger".

"Les victimes et leurs familles doivent avoir droit à la justice et à une indemnisation pour les dommages causés", a-t-il renchéri. 

AA



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