L’équation a de nouveau changé en Syrie après le début de l’opération Rameau d’olivier

La Turquie se préparait depuis un an à une opération à Afrine

L’équation a de nouveau changé en Syrie après le début de l’opération Rameau d’olivier

L’équation a changé de nouveau en Syrie après le début de l’opération Rameau d’olivier que la Turquie a lancée le 20 janvier 2018. La Turquie se préparait depuis un an à une opération à Afrine. L’opération Rameau d’olivier, amorcée le 20 janvier 2018, n’a pas été une surprise or les Forces armées turques avaient encerclé Afrine par une stratégie très professionnelle et juste. Il y avait même des informations qui disaient que la Russie n’autorisait pas l’opération d’Afrine depuis un an. Mais il semble que la Russie a dirigé le processus comme le souhaitait la Turquie, en tenant compte des préparatifs de cette dernière pour une opération. Les milieux sceptiques et distants à la coopération turco-russe pour des raisons historiques et émotionnels, voient les collaborations des deux pays sur le plan militaire et les renseignements, ce qui joue un rôle important dans le changement de cette réflexion. Si cette profonde coopération va continuer, elle continuera à Afrine puis à Manbij. Les Etats-Unis ont échoué dans leurs efforts à présenter le PYD qui est la branche du PKK qu’ils considèrent comme une organisation terroriste, comme une partie légitime après l’avoir rebaptisé les Forces démocratiques syriennes où ils ont ajouté le mot « démocratique ». Le PYD qui menace la sécurité de la Turquie, a obtenu une position menaçant les intérêts de la Russie mais aussi la sécurité de l’Iran. L’armée terroriste que les Etats-Unis essaient de constituer via le PYD en essayant de gagner du temps depuis deux ans, peut aussi être utilisée dans l’avenir en Syrie pour combattre la Russie.

Manbij peut entrainer une crise dans l’OTAN, la coopération turco-russe est visée.

Il semble que comme en Syrie, les Etats-Unis travaillent sur des stratégies multiples dans des pays comme l’Irak, la Turquie, l’Iran et au Golfe. Face aux stratégies des Etats-Unis en Syrie, le Congrès de Sotchi a exposé des solutions alternatives. Mais le lancement de l’opération Rameau d’olivier à Afrine après le Congrès de Sotchi ainsi que l’abat du chasseur russe à Idleb, ont accentué l’importance du cours des relations turco-russes. Le président Erdogan a annoncé qu’après la fin de l’opération réussie à Afrine, la Turquie va continuer sur la ligne Manbij et Rassoulayn-Tall Abyad. Les Etats-Unis quant à eux, ont fait des explications sur l’opération de Manbij. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a même exprimé sa disposition à discuter de ce sujet. Il semble que les responsables américains en visite en Turquie, sont en quête de solution à Manbij. Car un affrontement à Manbij entre les Etats-Unis et la Turquie peut provoquer une crise dans l’OTAN et même entrainer son effondrement. Si dans son état actuel, le PYD est considéré terroriste à Afrine mais pas terroriste à Manbij ou ailleurs, et si les sensibilités de la Turquie ne sont pas prises en compte, le risque d’affrontement et de crise dans les instances internationales deviendra plus considérable. Du point de vue de la Russie, on peut dire que les efforts se sont multipliés pour porter atteinte aux relations turco-russes. Une atmosphère négative envers la Russie a été visée au sein de l’opinion publique turque par des informations qui faisaient état d’un transfert d’armes et d’hommes au PYD depuis d’autres régions, via des points d’observation russes. Par la suite, la diffusion d’informations selon lesquelles les opposants qui ont abattu le chasseur russe à Idleb étaient soutenus par la Turquie, visait en effet à orienter l’opinion publique russe. Mais les deux pays étant conscients que cette propagande de dénigrement vise à perturber les relations, ont renforcé les liens étroits. D’ailleurs l’annonce tout de suite après ces informations, d’un accord sur la production conjointe d’hélicoptère par la Russie et la Turquie, a été une réponse à ce plan.  

La présence des Etats-Unis en Syrie dépend du régime Assad et du PYD.

On peut aussi voir que pour vouer les processus d’Astana et de Sotchi à l’échec, les Etats-Unis se servent du PYD comme arme. Ce n’est pas par hasard que la Délégation de négociations syriennes, contrôlées par les Etats-Unis, a refusé de participer à Sotchi en déclarant s’opposer à toute solution avec Assad. Sachant l’opposition surtout de l’Iran à une solution sans Assad, les Etats-Unis semblent encourager certains groupes d’opposition à ce sujet. On peut aussi voir que pour rester au pouvoir, Assad se sert de la position des Etats-Unis comme une arme. Rappelons-nous que la participation à Sotchi de Mihrac Ural qui s’est fait passer pour Ali Kayali avec une fausse pièce d’identité, était un plan d’Assad. En tout état de cause, les Etats-Unis et Assad visent chacun à garantir la présence de l’autre de manière réciproque. Alors que la présence des Etats-Unis sera remise en cause dans une Syrie sans Assad, il n’y aura pas besoin d’Assad dans une Syrie sans les Etats-Unis. Du point de vue des Etats-Unis, le départ d’Assad n’était pas une priorité. Au contraire, chaque minute qu’Assad passe au pouvoir, garantit la présence des Etats-Unis en Syrie.

A la lumière de tous ces développements, une chance a été donnée au processus de Genève lors du Congrès du dialogue national organisé à Sotchi, face à tous les fait-accomplis que les Etats-Unis ont pour objectif de réaliser en Syrie. Mais si cette opportunité n’est pas saisie, un nouveau processus pourra alors être lancé à l’initiative de la Turquie et de la Russie et les contributions de l’Iran. Car en tenant compte de toutes les interventions des Etats-Unis, la finalisation du processus de Genève semble difficile. Au cours du sommet des trois leaders qui sera organisé probablement en mars à Istanbul, la paix politique en Syrie et les plans de la Turquie après Afrine seront négociés. On peut dire que les questions sur lesquelles un consensus n’a pas pu être trouvé à Sotchi, seront abordées et finalisées au sommet d’Istanbul.



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